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12 marronniers abattus rue de Strasbourg : l'allée venait d'être rénovée

[Mise-à-jour 28/10/2018]

L'élu d'opposition Karim Larnaout siège sur le banc des élus de la démocratie active au conseil municipal de Courbevoie. Il a obtenu des réponses de la part de Paris La Defense (PLD) au sujet de ces abattages.

Cette allée arborée et son parking, bien que localisés à Courbevoie, se situent dans le périmètre OIN de La Defense : Opération d'Intérêt National.

Le plan complet OIN est d'ailleurs disponible en téléchargement ici.

Dans son courrier, PLD avance toute une série d'arguments pour justifier ces abattages.  

Les arbres étaient malades

Suite à un diagnostic phyto-sanitaire réalisé par la Ville de Courbevoie, PLD confirme que la plupart de ces arbres étaient malades :

"Un diagnostic a été réalisé par l’expert de la ville de Courbevoie « Espaces Verts Botanica » sur ces 12 marronniers qui conclut que :
- 4 des 12 marronniers sont en très mauvais état phytosanitaire (système racinaire apparent, plaies, oïdium sur le feuillage, …) et leur abattage est vivement recommandé
- 6 autres d’une desquamation de leur écorce due à l’exposition en plein soleil, d’une vigueur moyenne des nouvelles pousses"

Nous sommes très étonnés par ces conclusions, car ces 4 arbres ne figuraient pas parmi la liste des 22 arbres à abattre d'après le diagnostic phyto-sanistaire de 2017.

Les fosses étaient trop étroites

PLD indique ensuite :

"de manière générale, les arbres souffrent de dimensions de fosses trop étroites"

Au niveau du 59-61, rue de Strasbourg, il existe aussi 12 marronniers en alignement d'un parking identique (avec les mêmes fosses) à celui démoli au niveau 5 à 57, rue de Strasbourg.

La dimension interne des fosses est environ 75 x 90 cm, plutôt moyenne mais assez fréquente en milieu urbain, et qui s'explique ici par la juxtaposition des places de stationnement.

Cette taille de fosse n'est donc pas surprenante en soi.

Les marronniers étaient allergisants

"Nous avons la possibilité de replanter le même nombre d’arbres de grand développement, mais préconisons la plantation d’une ou plusieurs essences différentes, moins allergisantes, plus robustes et dans la continuité paysagère du parc Diderot."

Le pollen n'est pas plus présent en ville qu'à la campagne, mais ce sont la pollution et les particules fines qui favorisent ces allergies (1).

Les marronniers ne figurent pas parmi les espèces les plus allergisantes comme le bouleau par exemple. Mais en effet, la pollution n'étant pas prête de disparaître malgré les efforts en cours, la rénovation peut être une opportunité pour replanter des espèces moins allergisantes.

PLD s'engage à replanter des arbres

"Le remplacement de ces marronniers par de nouveaux arbres plus jeunes permettra donc de donner un second souffle à l’écosystème de cet espace"

Depuis quelques jours une chape de béton recouvre entièrement l'ancienne allée arborée et le parking

Nous suivrons avec attention la réhabilitation du lieu une fois le chantier terminé.

Un parking récemment rénové.

Parallèlement à la rénovation du Parc Diderot, cette allée arborée ainsi que les parkings avaient été rénovés il y a quelques mois.

Le parking en avril 2016 :

Le parking en mai 2018 :

Il s'agit d'un regrettable nouveau cas de dépense gâchée.

En conclusion, les explications de PLD, même si elle ne sont pas fausses à priori, apparaissent comme de vains prétextes pour justifier l'abattage de 12 arbres et la destruction d'un parking récemment rénové. 

(1) : http://www.europe1.fr/sante/lexplosion-des-allergies-au-pollen-dans-les-villes-un-defi-pour-les-politiques-publiques-3666764

[Le 20/10/2018] - Les 12 jeunes marronniers abattus rue de Strasbourg étaient-ils vraiment malades ?

Il y a quelques jours un chantier a démarré au niveau du 5 à 57, rue de Strasbourg.

Il s'agit de la réhabilitation de l'immeuble Balzac par l'entreprise BTP Spie Batignolles. 

Afin de faciliter les accès au chantier, la municipalité de Courbevoie a accordé par arrêté-municipal l'autorisation d'abattre 12 arbres et de neutraliser 6 places de parking.

La lecture des affiches de communication nous a tout de même interpellé. 

Spie évoque la "dépose" de 12 arbres, ce qui ne veut strictement rien dire.

Sans doute n'a t-elle pas voulu utiliser le terme "abattre" afin de prévenir les réactions des riverains et résidents déjà éprouvés par les vastes opérations d'abattage des derniers mois en centre-ville.

Ce qui nous a le plus étonné, c'est qu'ensuite Spie annonce que le diagnostic phyto-sanitaire a montré que ces 12 arbres étaient "malades".

Quand on examine la photographie de ces arbres en plein développement et en fleur en mai, avec la meilleure volonté, on a tout de même beaucoup de mal à imaginer que ces arbres étaient dans un état de morbidité avancé.

Depuis plusieurs mois, nous réclamons à la municipalité les diagnostics phyto-sanitaire et sécuritaire des arbres des quartiers Gambetta et Coeur de Ville. A ce jour, nous n'avons eu aucun retour.

Nous allons donc saisir la CADA afin d'obtenir ces documents et en particulier ceux concernant les 12 jeunes marronniers rue de Strasbourg.

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